La question revient dans presque chaque premier échange : quand faut-il venir ? La réponse dépend entièrement de ce que vous voulez voir, car le pays traverse trois mondes climatiques.
Le nord saharien — Ennedi, Tibesti, Ounianga. La fenêtre utile va de novembre à mars. En décembre et janvier, les journées plafonnent autour de 25 à 30 °C et les nuits descendent à 8 °C dans l'Ennedi, parfois sous zéro en altitude au Tibesti. C'est le meilleur moment : les pistes sont sèches, la lumière est basse et franche, et le bivouac est confortable. À partir d'avril, la chaleur devient difficile ; entre juin et septembre, la brève mousson rend certaines pistes impraticables — mais c'est elle qui remplit les gueltas.
Le sud soudanien — Zakouma. Le calendrier est inversé et très strict. Le parc ouvre en décembre et ferme à la mi-avril, parce que les pluies transforment la plaine en marécage. Le mois idéal est mars : l'eau s'est retirée, la faune se concentre sur les dernières mares, et c'est là qu'on peut voir le troupeau d'éléphants au complet et les grands rassemblements d'oiseaux à Rigueik.
Le Sahel central — Gerewol, lac Tchad. Le Gerewol wodaabe se tient en septembre-octobre, juste après les pluies, quand les pâturages permettent aux clans de se regrouper. C'est la seule période de l'année où le Sahel est vert. La date exacte n'est jamais connue longtemps à l'avance : elle dépend des pluies.
En pratique. Si vous n'avez qu'un seul voyage, décembre-janvier permet de combiner le désert et Zakouma dans une même traversée. Si votre priorité est la faune, visez mars. Si c'est le Gerewol, il faudra accepter de bloquer une fenêtre en septembre sans date ferme.



